vendredi 27 juin 2014

ARCHITECTURE (et urbanisme...)



Colin Ward
La maison anarchiste

Je dois commencer par des questions de définition. Le mot maison ne pose aucun problème, mais celui de chez-soi en présente quelque peu, car il ajoute au premier terme une touche émotionnelle. On possède une maison et on en fait son chez-soi.Mes difficultés surgissent avec le terme anarchiste. Le héros de Pnin, roman de Vladimir Nabokov, se voit demander : "Êtes-vous anarchiste?" Et très imprudemment, il répond à son examinateur par une question : "Premièrement, qu'est-ce que vous entendez par anarchisme? L'anarchisme pratique, métaphysique, théorique, mystique, abstractif, individuel, social?" Mal lui en prend. Il passera deux semaines à Ellis Island avant d’être autorisé à entrer aux USA. J'ai un problème similaire. Je veux rester ouvert à toute définition possible de l'anarchisme, mais je dois exclure beaucoup d’interprétations pour pouvoir dire quelque chose d’utile.
Le premier lest qu’il me faut jeter par-dessus bord, c’est l’idée qu’il existe une esthétique anarchiste opposée à une esthétique bourgeoise. Depuis un siècle, dans tous les arts, visuels, littéraires ou oraux, il a été présumé que la tâche des artistes révolutionnaires était de choquer le bourgeois. Après avoir été choquée pendant des décennies, durant lesquelles la vie réelle a été autrement choquante que les arts, c’est encore la bourgeoisie qui forme la seule clientèle avérée de tout cet art révolutionnaire. A part, bien sûr, l’Etat.
Dans les arts visuels, par exemple, les alliés les plus évidents des anarchistes furent les surréalistes mais, avec de notables exceptions, les liens politiques les plus étroits qu’ils recherchèrent furent avec le parti communiste. En Grande-Bretagne, l’artiste le plus célébré qui avait des liens avec le mouvement anarchiste était un peintre académique aux mœurs bohèmes, dont la réputation ne se propagea probablement pas à l’étranger. Augustus John (1878-1961) est remémoré comme le dernier des grands dessinateurs classiques, et non pas en tant qu’anarchiste. Et le plus fameux des artistes anarchistes, Camille Pissarro (1831-1903), bien qu’ayant été étroitement lié au mouvement anarchiste de son temps, refusa résolument de spécifier le contenu d’une esthétique anarchiste. Ses lettres ne prêtent aucune attention à la syntaxe ni à la grammaire et sont des documents humains captivants. Là où il se rapproche le plus de la définition d’une esthétique anarchiste, c’est dans le volume III de sa correspondance complète, où il s’exprime :
      "Y a-t-il un art anarchiste ? Quoi décidément ils ne comprennent pas. Tous les arts sont anarchistes quand c’est beau et bien !"
A considérer le côté artistique de l’architecture, l’hypothèse d’une esthétique spécifiquement anarchiste devient encore plus discutable. Beaucoup d’entre nous se souviennent d’une curiosité de champ de foire ou de parc d’attractions, nommée "La Maison biscornue". Nous dépensions nos sous pour faire l’expérience d’une maison fictive où les planchers et les plafonds n’étaient pas parallèles et où les murs, portes et fenêtres n’étaient pas rectilignes.
Plus récemment, le genre architectural de la Maison biscornue a été édifié pour de vrai dans la vie réelle. Par exemple, dans les années 1970 à Montréal, au Canada, Moshe Safdie conçut pour la Foire mondiale des appartements d’habitation où chaque étage tombait, apparemment par hasard, sur une pile de conteneurs qui paraissait accidentelle. En pratique, bien sûr, chaque aspect de cet arrangement aléatoire avait été soigneusement calculé par des ingénieurs du génie civil. De même, dans le secteur de Oude Haven (Vieux Port) de Rotterdam, on peut visiter un petit groupe de maisons inclinées, dessinées par l’architecte Piet Blom, qui rappellent en substance la Maison biscornue de la fête foraine.
Imaginons que vous soyez ouvrier du bâtiment, vivant à l’étroit dans un appartement d’immeubles, et employé pour bâtir une de ces fantaisies architecturales, vous reconnaîtriez promptement que cette architecture fantaisiste n’est pas une construction anarchiste. Elle n’offre aucune libération aux gens qui sont impliqués dans son édification, et ses futurs habitants oublieront vite le côté plaisant d’une rupture avec les présupposés esthétiques. L’enjeu n’est pas une affaire de conception mais une question de contrôle, caractéristique bien plus importante dans l’éventail des options anarchistes.
Selon moi, le principe premier d’un logement dans n’importe quelle société, indépendemment de l’idéal social anarchiste, c’est le contrôle par les habitants. Par bonheur, ce principe a été clairement énoncé par l’architecte anarchiste John Turner. Il passa de nombreuses années, au cours des années 1950 et 1960, dans les collectifs de squatters d’Amérique latine, aidant les gens qui construisaient leurs propres maisons. Il se rendit ensuite aux États-Unis et découvrit que les idées qu’il avait élaborées dans le monde des pauvres étaient valables pour la nation la plus riche du monde. Et quand il retourna enfin en Grande Bretagne, il s’aperçut que la situation du logement dans son propre pays correspondait, elle aussi, à sa formulation . L’intuition essentielle de Turner est la suivante :
      "Quand les habitants contrôlent les décisions majeures et sont libres d’établir leur propre contribution à la conception, à la construction ou à la gestion de leur logement, tant le processus que l’environnement qui en résultent stimulent le bien-être individuel et social. Inversement, quand les gens n’ont aucun contrôle ni responsabilité dans les décisions clé du processus d’habitation, le cadre du logement peut, au contraire, devenir un obstacle à la réalisation personnelle et un poids pour l’économie."
Ceci est une déclaration soigneusement formulée qui ne dit ni plus ni moins que ce qu’elle signifie. Remarquons que Turner se réfère à "la conception, la construction ou la gestion". Il n’implique pas que nous devions tous devenir des bricoleurs, même si, bien sûr, en pratique, c’est souvent ce que les gens doivent être. Il érige en principe que les habitants devraient être au poste de commande.
J’aimerais particulièrement mettre en évidence sa dernière phrase, à propos de l’environnement des habitations devenu "un obstacle à la réalisation personnelle et un poids pour l’économie." N’est-ce pas l’expérience des immenses et coûteux projets d’habitat entrepris par les gouvernements centraux et locaux, tant aux Etats-Unis que dans toute l’Europe occidentale ? La seule solution aux problèmes posés par de tels grands ensembles consiste à développer des systèmes de contrôle des résidents grâce aux diverses formes de coopératives de logement.
Parfois, dans ces grands ensembles aux franges des cités européennes et américaines, héritières d’un socialisme bureaucratique et gestionnaire, le contrôle par les locataires est adopté en dernier ressort face à l’abandon et au délabrement. Il se trouve à Bruxelles un architecte très réputé, Lucien Kroll, de l’Atelier d’Urbanisme et d’Architecture. On fait souvent appel à ses conseils en France, en Allemagne et en Hollande, quand on cherche à réhabiliter de grands ensembles, négligés par les municipalités. Les résultats sont souvent décrits comme l’expression d’une architecture anarchiste. Lucien Kroll, quant à lui, insiste pour parler d’architecture contrôlée par les résidents. Il m’a dit que la première tâche, et non la dernière, consiste à présenter aux habitants un budget propre, afin qu’ils décident eux-mêmes des dépenses prioritaires. Veulent-ils investir l’argent pour améliorer d’abord l’isolation des murs, ou préfèrent-ils rendre le bâtiment si visible au public qu’il dissuade les trafiquants de drogue de s’y infiltrer? Une des priorités générales est de réduire l’échelle des bâtiments en supprimant quelques étages du haut et à construire davantage au niveau du sol dans les espaces entre les immeubles. Une autre consiste à "modérer le trafic". Est-il raisonnable d’utiliser les gravats de béton, qui proviennent de la réduction de hauteur des bâtiments, pour construire un petit tertre, planté de buissons et d’arbres, sur un rond-point, afin qu’il crée un risque incontournable pour les véhicules et détourne ainsi le trafic ? Et pourquoi ne pas creuser le jardin municipal pour y faire des aires de jeux et des jardins potagers ? Pourqui ne pas construire un tas d’ateliers et de cafés comme des extensions en appentis à la base des tours ? Le résultat ne sera peut-être pas une architecture anarchiste, mais ce sera certainement une architecture post-autoritaire.
Si la Grande-Bretagne est considérée comme le pays d’origine du mouvement coopératif, les coopératives de logement sont beaucoup plus récentes que dans bien d’autres pays. Dans les années 1970, il n’y en avait que deux ou trois. Aujourd’hui, il en existe près d’un millier. C’est un nombre ridiculement faible, qui montre combien nous sommes loin de dissocier contrôle et propriété, car en Grande-Bretagne le mode préféré de résidence est celui de l’occupation par le propriétaire (66%).
Néanmoins, la composition de ce mouvement est intéressante. Certaines coopératives ont débuté en légitimant l’occupation d’immeubles vacants par des squatters. D’autres ont pris naissance avec "la résidence à court terme" dans des constructions promues à la démolition. Lorsque les habitants avaient le contrôle sur ces bâtiments, la courte vie que l’on pronostiquait est devenue très longue, tout simplement parce que les occupants avaient de bonnes raisons pour les améliorer. D’autres habitations encore, à Liverpool et à Londres, sont des constructions nouvelles, où l’architecte a travaillé sous les directives de gens pauvres qui, pour la première fois de leur vie, ont pu obtenir le service d’un expert.
Mais les plus intéressantes se trouvent là où les habitants ont construit leurs propres habitations. Tout au long de l’histoire, partout dans le monde, les pauvres gens ont bâti leur maison, qui s’est améliorée et agrandie tout au long des décennies et des siècles, à mesure que les familles changeaient leur labeur en capital. Les fermes paysannes traditionnelles que l’on trouve dans toute l’Europe ou presque en sont la preuve. Au vingtième siècle, cette façon de construire simple et naturelle est devenue de plus en plus difficile, pour toute une série de raisons.
La première est la question cruciale de l’accès à la terre. En Grande-Bretagne, le processus que l’on appelle "Enclosure" a attribué des titres de propriété à des terres auparavant considérées comme "communales" ou "en friche". La seconde raison réside dans la nature du matériau de construction. Jadis, celui qui bâtissait son logis utilisait spontanément la pierre, l’argile, le bois et la paille en provenance de sa région, de sorte que la maison, comme l’a dit un poète anglais, " s’élevait du sillon comme une alouette ". Les maisons du vingtième siècle, sont construites avec des matériaux qui doivent, qu’ils soient naturels ou synthétiques, être achetés sur le marché. La troisième raison, bien entendu, est que nous avons circonscrit le processus avec une montagne de lois et de règlements que le citoyen ne peut comprendre sans l’aide d’un professionnel.
Un architecte anglais d’origine allemande, Walter Segal (1907-1985), a surmonté ces obstacles. Notons, n passant, qu’il fut élevé dans la communauté anarchiste de Ticino en Suisse . Tard dans la vie, il développa une méthode de construction en cadre de charpente de bois léger, utilisant des éléments de construction standard, dans les tailles usuelles, et il élimina les métiers "humides" de bétonnier, de poseur de briques et de plâtrier. Cela était éminemment adapté au constructeur amateur. Segal aspirait vivement à rendre ces habitations disponibles aux gens en quête de logement. Une municipalité londonienne décida de lui en offrir l’occasion, sur des lots de terre trop petits ou trop en pente pour être utilisés par le conseil municipal.
Il en résulta la plus grande satisfaction pour les résidents. Des membres du groupe décrivirent l’expérience comme un événement qui avait changé leur existence et ils sentaient qu’ils avaient, eux, le contrôle. Et ce fut le plus grand bonheur de la vie de cet ancien architecte. Segal se souvint :
      "L’aide était assurée mutuellement et volontairement, sans contraintes, ce qui signifiait que la bonne volonté des gens pouvait se donner libre cours. Moins vous essayiez de les contrôler, plus vous libériez l’élément de bonne volonté... c’était étonnamment clair. Les enfants étaient, bien entendu, supposés jouer sur le site, et ils étaient autorisés à le faire. Et les plus âgés d’entre eux pouvaient aussi aider s’ils le désiraient. Ainsi fut évitée toute forme de friction. Chaque famille avait à construire à sa propre vitesse et selon ses propres capacités. Il y avait pas mal de jeunes gens, mais aussi certains qui avaient soixante ans et plus, et ils réussirent aussi à construire leur propre maison... Ils avaient été prévenus que je ne me mêlerais pas de leurs arrangements internes. Je les laissai prendre leurs propres décisions ; il n’y eut donc aucun problème" .
Il nota avec plaisir, plutôt qu’avec irritation, les "innombrables petites variations, innovations et ajouts" que les bâtisseurs autonomes avaient réalisés. Sa conclusion fut : "Il est étonnant qu’il y ait, chez les habitants de ce pays, une telle richesse de talents". Depuis la mort de cet architecte, le Walter Segal Self Build Trust a promu son approche avec succès au sein de séries entières de groupes désavantagés, durant le climat politique maussade des années 1990 . Il faut toujours plus de temps pour surmonter les obstacles posés par la législation sur le financement, les autorisations, la conception et la construction qu’il n’en faut aux bâtisseurs autonomes pour construire et occuper leurs maisons.
J’ai décrit la maison anarchiste d’après les expériences réelles de citoyens ordinaires du monde d’aujourd’hui. Mais en raison de la variété des définitions du mot "anarchisme", je devrais en explorer quelques autres aspects. Certains d’entre nous s’efforcent très sérieusement de rapprocher la théorie anarchiste de la réalité à propos de problèmes courants comme le logement. Parmi les théoriciens bien connus, Kropotkine est particulièrement intéressant. Le chapitre sur "Les Demeures" de son livre La Conquête du pain (paru en français en 1892 et en anglais en 1906), est essentiellement un manuel sur ce qui devrait se passer ans une société révolutionnaire : un partage équitable, selon les besoins, des logements existants.
La plupart d’entre nous ne vivons pas de situation révolutionnaire, mais nous avons toujours le besoin de loger nos familles et de nous débrouiller, quel que soit le type de société où nous avons l’occasion de vivre. Je pense qu’ici un autre classique de l’anarchisme est une meilleure référence. Il s’agit, bien sûr, de Pierre-Joseph Proudhon qui, dans un livre célèbre mais illisible, Qu’est-ce que la propriété ? (1840) inventa le slogan "la propriété c’est le vol".
Je suis comme tout le monde. Je me suis réjoui ce jour de septembre 1969 quand des squatters de l’ancienne résidence royale au 144 Picadilly, à Londres, suspendirent une bannière sur laquelle était inscrit en lettres d’un mètre de haut le slogan de Proudhon. Mais l’une des ironies, relevée par les critiques de Proudhon, est qu’il est aussi à l’origine de la formule "La propriété, c’est la liberté".
Il ne devrait pas être nécessaire d’expliquer que le premier slogan vise le propriétaire foncier absentéiste, que Woodcock définissait comme
      "un homme qui se sert de la propriété pour exploiter le travail des autres sans aucun effort de sa part, propriété caractérisée par l’intérêt et la rente, par les impositions du non-producteur sur celui qui produit."
L’autre type de propriété, explique-t-il, est celui du propriétaire-résident ou du paysan cultivateur ; et la "possession", ou droit de contrôle de l’habitat, de la terre et des outils nécessaires à la vie, est vue par Proudhon comme "la pierre de touche de la liberté", tandis que "sa principale critique à l’égard des communistes était qu’ils souhaitaient la détruire."
Les soixante-dix ans d’histoire de l’Union soviétique, et la plus courte période des régimes qu’elle imposa en Europe de l’Est, fournissent un terrain favorable à l’examen des opinions de Kropotkine et de Proudhon à la lumière de l’expérience. Il y avait bien un partage du logement selon les besoins. La plupart des observateurs remarquèrent que les besoins de la hiérarchie du parti étaient plus urgents ue ceux des citoyens ordinaires, comme aussi, bien sûr, leur besoin d’une datcha à la campagne. La collectivisation forcée de l’agriculture par Staline fit littéralement disparaître la paysannerie, ce qui provoqua la famine et des millions de morts. Pendant ce temps, dans les cités, la politique de logement se concrétisa dans une version grossière de l’engouement des urbanistes pour les barres et les tours, mode que nous avons aussi connue à l’Ouest.
Sous une forme lente et subversive, les attitudes populaires proudhoniennes commencèrent à se réaffirmer. Comme Proudhon l’aurait prédit, les lopins de terre personnels des paysans, autour de leur maison, sauvèrent l’approvisionnement du Russe moyen bien des années avant la perestroika :
      "En 1963, les lots de terre des particuliers couvraient environ 44.000 kilomètres carrés, soit quatre pour cent de toute la terre arable des fermes collectives. Pourtant, cette terre ‘privée’ produisait environ la moitié des légumes produits en Union soviétique, alors qu’y vivaient 40% des vaches et 30% des cochons du pays."
De même, dans les années 1970, l’économiste Hugh Stretton relatait :
      "Il est pathétique que les citadins russes se rendent à la campagne et la ratissent pour trouver des parcelles de terre délaissées où ils peuvent planter, se rendre, se divertir, qu’ils peuvent s’approprier’, même si c’est de manière précaire."
Leurs dirigeants marxistes, bien sûr, possédaient leurs datchas, tandis que par toute la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Yougoslavie, les citadins construisaient leur vraie vie autour de ce qu’on appelait les "installations sauvages" en dehors de la cité. Ainsi en 1979, un géographe expliquait que "L’existence de terres appartenant aux paysans aux abords des villes offrent des opportunités pour une évolution progressive, en fait pour des installations sauvages qui apparaissent brusquement comme les champignons d’une nuit, par exemple à Nowy Dwór et ailleurs autour de Varsovie ou à Kozarski Bok et Trnje aux alentours de Zagreb. De telles communautés ne sont pas encouragées, mais elles sont tolérées et elles sont même pourvues de services publics et sociaux du fait qu’elles soulagent la pression pour le logement et les budgets des villes." Depuis les temps où l’on supposait encore que les régimes communistes d’Europe de l’Est avaient un avenir, des observations de cet ordre rappellent aux révolutionnaires de toutes sortes l’importance de la distinction réfléchie de Proudhon entre la propriété en tant qu’exploitation et la propriété comme possession.
Le communisme, renforcé par la terreur, a engendré l’inévitable réaction individualiste, et a terni toutes les formes d’aspirations socialistes. Mais il y a toujours eu un plaidoyer libertaire, plus tranquille, plus paisible, concernant la vie en communauté. Avec d’autres idéologues, laïcs et religieux, beaucoup d’anarchistes ont remis en cause la famille nucléaire et l’habitat réduit à une
seule famille, universellement fixé pour assurer l’existence de celle-ci. Avec d’autres critiques, ils ont dépeint la maison individuelle comme une prison pour ses habitants et ont recherché une unité sociale plus large. Ainsi Kropotkine a-t-il déclaré :
      " Aujourd’hui, nous vivons trop isolés. La propriété privée nous a conduit à un individualisme égoïste dans nos relations mutuelles. Nous ne nous connaissons que peu ; nos occasions de contact sont trop rares. Mais nous avons vu dans l’histoire des exemples de vie commune où les gens sont plus intimement liés - la famille composée en Chine, les communes agraires par exemple. Dans ces cas, les individus se connaissent vraiment les uns les autres. Par la force des choses, ils se doivent assistance matérielle et morale.
      La vie de famille, fondée sur la communauté originelle, a disparu. Une nouvelle famille, fondée sur la communauté d’aspirations, prendra sa place. Dans cette famille, les gens seront obligés de se connaître réciproquement pour se soutenir moralement en toute occasion..."
 

Kropotkine, comme Tolstoi, inspira une longue chaîne d’entreprises communales qui visaient à combiner l’existence avec une horticulture intensive, et leur courte durée de vie a été intensément étudiée rétrospectivement. Elles nous donnent peu de lumière sur la nature de la maison anarchiste, du fait que leurs initiateurs étaient pauvres et qu’ils devaient utiliser n’importe quel bâtiment qui se trouvait être disponible. Mais l’une de ses tentatives avortées, en Grande-Bretagne, suscita un commentaire très significatif de la part de Kropotkine. C’était la Libre Colonie, communiste et coopérative, de Cloudsden Hill, établie sur une ferme de huit hectares près de Newcastle-upon-Tyne en 1895. Ses fondateurs lui écrivirent pour lui demander conseil, et il leur donna un avis intéressant. Il conseilla aux sociétaires d’éviter l’isolement par rapport à la communauté environnante, il insista pour que "l’on échappât au style de vie des casernes en faveur d’efforts combinés de familles indépendantes" et il eut des paroles très raisonnables sur la situation des femmes. Il était important, écrivit-il,
      "de faire tout ce qui était possible pour réduire le travail ménager au minimum… Dans la plupart des communautés, ce point est affreusement négligé. Les femmes et les jeunes filles demeurent dans la nouvelle société ce qu’elles l’étaient dans l’ancienne, des esclaves de la communauté. Il est aussi essentiel, pour le succès de la communauté, de prendre des dispositions afin de réduire autant que possible l’incroyable somme de labeur que les femmes passent inutilement à élever les enfants comme à effectuer les tâches ménagères, tout autant que pour les champs, les serres et les machines agricoles. Et même davantage. Mais bien que chaque communauté rêve d’avoir les machines agricoles ou industrielles les plus parfaites, elle prête rarement attention au gaspillage des forces de l’esclave de la maison, la femme."
A mon avis, c’est l’une des affirmations de Kropotkine les moins connues mais des plus significatives de l’approche anarchiste. Et elle est extrêmement pertinente dans tout essai de définition de la maison anarchiste. Considérez les plans de la maison classique : les villas palladiennes, les palazzi italiens, l’hôtel particulier anglais de style géorgien. Contrairement à beaucoup d’architectures modernes, elle était et demeure infiniment adaptable à d’innombrables usages, parce qu’elle ne dépendait pas d’une innombrable quantité de services techniques, tels que l’eau, le gaz, l’électricité, les systèmes de chauffage et de télécommunications, que nous tenons aujourd’hui pour acquis. Ainsi que le remarquait Le Corbusier, "Heureux pour Ledoux : aucun tube". Au contraire, toutes ces commodités étaient assurées par des moyens humains : des esclaves, des serviteurs, des femmes de ménage, des lavandières, des garçons de course. Il nous suffit de regarder Le Mariage de Figaro pour que nous soit rappelée la manière dont les domestiques faisaient partie de l’architecture : ils étaient vraiment le mortier qui la faisait tenir.
Par suite de la réduction du personnel de maison, les concepteurs de bâtiments continuèrent à donner la priorité à ce qu’aujourd’hui nous appelons "les salons de réception" et "la chambre de maître", au nom significatif, mais ils étriquèrent l’aire des services, la cuisine, la salle de bain, la buanderie, en espaces toujours plus exigus.
Le fait est bien mis en évidence par l’expérimentateur américain Stewart Brand. Les lecteurs se souviennent peut être de lui en tant qu’instigateur, dans les années 1960 et 1970, du Whole Earth Catalog [Catalogue de la Terre entière] que beaucoup de pays imitèrent. Cet homme est récemment réapparu en tant qu’auteur d’un livre, How Buildings Learn : What Happens after They’re Built [Ce qu’apprennent les bâtiments : Ce qui arrive après qu’ils sont construits], qui de bien des manières peut être vu comme un manuel de la maison anarchiste. Il y embrasse la philosophie d’une architecture de "longue vie, aux structures souples, et avec de faibles besoins en énergie", exigeant que chaque bâtiment, dès le jour où il apparaît, possède la capacité de s’ajuster sans fin aux besoins de ses utilisateurs. Il y a bien des années, l’architecte anarchiste Giancarlo De Carlo déclarait que les résidents doivent attaquer le bâtiment pour se l’approprier, et l’expression qu’utilise Brand pour définir ce genre d’anarchie est "un chaos salutaire".
Faisant une observation importante sur la manière dont cette attitude change notre manière de voir les maisons, Brand explique :
      "Une manière d’institutionnaliser un chaos salutaire est de vraiment répartir le pouvoir de conception entre les utilisateurs individuels d’un bâtiment durant la période où ils y résident. Notez la différence entre les cuisines conçues pour être utilisées par des domestiques impuissants, aires généralement sombres et encombrées, et les cuisines claires, spacieuses, au centre de la maison et bourrées d’équipements, destinées aux chefs de famille. Un bâtiment ‘apprend’ plus vite que des organisations tout entières. Dans la hiérarchisation humaine d’une construction, cela suggère une démarche "de bas en-haut" plutôt que "de haut en bas"… A quoi ressemblerait et servirait un bâtiment qui serait conçu pour un entretien facile par ses utilisateurs ? Une fois que les gens sont à l’aise pour effectuer leur propre maintenance et les réparations, sa réorganisation vient naturellement parce qu’ils sont en relation avec leur entourage et qu’ils savent comment l’améliorer."
Il y a plusieurs raisons pour prévoir que si, dans les pays riches du vingtième siècle, les maisons anarchistes ont été marginales par rapport à l’économie de l’habitat, elles deviendront plus importantes au vingt et unième siècle. Et j’ai plusieurs raisons pour justifier cette prévision.
La première est le cuisant échec économique de la politique officielle de l’immobilier dans les pays occidentaux. Celle-ci a été construite autour de la notion politique d’un noyau familial. Mais en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en France, la plupart des ménages actuels ne correspondent pas à la norme statistique. Le système ne répond pas à leurs besoins. Des collectifs de familles alternatives vont inévitablement se développer.
La seconde raison est la leçon des pays pauvres et des populations indigentes des pays riches. La population officieuse des cités des régions défavorisées est plus importante que son chiffre officiel. Chaque fois que les pauvres gens peuvent accéder à la terre et aux matériaux, ils construisent des logements gérés par les habitants et ces habitations s’accroissent et s’adaptent selon les besoins et les opportunités.
La troisième cause est l’impact du féminisme sur la conception du domicile. Comme Kropotkine l’avait indiqué, la moitié de la population a toujours été exclue des décisions en matière de logement. Mais comme Doilores Haydeen l’a montré, il a toujours existé une démarche alternative, cachée de l’histoire.
Mon argument final est fondé sur l’impact du mouvement des Verts et des considérations de viabilité écologique. De nos jours, chaque maison familiale particulière demande un immense investissement en services coûteux en énergie et des équipements avec une obsolescence programmée. Une utilisation rationnelle de l’énergie demande une économie d’énergie durable et un partage des équipements.
Le critère technique de la maison anarchiste est "longue vie, aux structures souples, et avec de faibles besoins en énergie", mais l’exigence politique est le principe du contrôle par le résident.

Trad. de l’anglais par R. Creagh
Source : http://melior.univ-montp3.fr/ra_forum/ward_colin/maison_anarchiste


Colin Ward
La maison anarchiste

Je dois commencer par des questions de définition. Le mot maison ne pose aucun problème, mais celui de chez-soi en présente quelque peu, car il ajoute au premier terme une touche émotionnelle. On possède une maison et on en fait son chez-soi.Mes difficultés surgissent avec le terme anarchiste. Le héros de Pnin, roman de Vladimir Nabokov, se voit demander : "Êtes-vous anarchiste?" Et très imprudemment, il répond à son examinateur par une question : "Premièrement, qu'est-ce que vous entendez par anarchisme? L'anarchisme pratique, métaphysique, théorique, mystique, abstractif, individuel, social?" Mal lui en prend. Il passera deux semaines à Ellis Island avant d’être autorisé à entrer aux USA. J'ai un problème similaire. Je veux rester ouvert à toute définition possible de l'anarchisme, mais je dois exclure beaucoup d’interprétations pour pouvoir dire quelque chose d’utile.
Le premier lest qu’il me faut jeter par-dessus bord, c’est l’idée qu’il existe une esthétique anarchiste opposée à une esthétique bourgeoise. Depuis un siècle, dans tous les arts, visuels, littéraires ou oraux, il a été présumé que la tâche des artistes révolutionnaires était de choquer le bourgeois. Après avoir été choquée pendant des décennies, durant lesquelles la vie réelle a été autrement choquante que les arts, c’est encore la bourgeoisie qui forme la seule clientèle avérée de tout cet art révolutionnaire. A part, bien sûr, l’Etat.
Dans les arts visuels, par exemple, les alliés les plus évidents des anarchistes furent les surréalistes mais, avec de notables exceptions, les liens politiques les plus étroits qu’ils recherchèrent furent avec le parti communiste. En Grande-Bretagne, l’artiste le plus célébré qui avait des liens avec le mouvement anarchiste était un peintre académique aux mœurs bohèmes, dont la réputation ne se propagea probablement pas à l’étranger. Augustus John (1878-1961) est remémoré comme le dernier des grands dessinateurs classiques, et non pas en tant qu’anarchiste. Et le plus fameux des artistes anarchistes, Camille Pissarro (1831-1903), bien qu’ayant été étroitement lié au mouvement anarchiste de son temps, refusa résolument de spécifier le contenu d’une esthétique anarchiste. Ses lettres ne prêtent aucune attention à la syntaxe ni à la grammaire et sont des documents humains captivants. Là où il se rapproche le plus de la définition d’une esthétique anarchiste, c’est dans le volume III de sa correspondance complète, où il s’exprime :
      "Y a-t-il un art anarchiste ? Quoi décidément ils ne comprennent pas. Tous les arts sont anarchistes quand c’est beau et bien !"
A considérer le côté artistique de l’architecture, l’hypothèse d’une esthétique spécifiquement anarchiste devient encore plus discutable. Beaucoup d’entre nous se souviennent d’une curiosité de champ de foire ou de parc d’attractions, nommée "La Maison biscornue". Nous dépensions nos sous pour faire l’expérience d’une maison fictive où les planchers et les plafonds n’étaient pas parallèles et où les murs, portes et fenêtres n’étaient pas rectilignes.
Plus récemment, le genre architectural de la Maison biscornue a été édifié pour de vrai dans la vie réelle. Par exemple, dans les années 1970 à Montréal, au Canada, Moshe Safdie conçut pour la Foire mondiale des appartements d’habitation où chaque étage tombait, apparemment par hasard, sur une pile de conteneurs qui paraissait accidentelle. En pratique, bien sûr, chaque aspect de cet arrangement aléatoire avait été soigneusement calculé par des ingénieurs du génie civil. De même, dans le secteur de Oude Haven (Vieux Port) de Rotterdam, on peut visiter un petit groupe de maisons inclinées, dessinées par l’architecte Piet Blom, qui rappellent en substance la Maison biscornue de la fête foraine.
Imaginons que vous soyez ouvrier du bâtiment, vivant à l’étroit dans un appartement d’immeubles, et employé pour bâtir une de ces fantaisies architecturales, vous reconnaîtriez promptement que cette architecture fantaisiste n’est pas une construction anarchiste. Elle n’offre aucune libération aux gens qui sont impliqués dans son édification, et ses futurs habitants oublieront vite le côté plaisant d’une rupture avec les présupposés esthétiques. L’enjeu n’est pas une affaire de conception mais une question de contrôle, caractéristique bien plus importante dans l’éventail des options anarchistes.
Selon moi, le principe premier d’un logement dans n’importe quelle société, indépendemment de l’idéal social anarchiste, c’est le contrôle par les habitants. Par bonheur, ce principe a été clairement énoncé par l’architecte anarchiste John Turner. Il passa de nombreuses années, au cours des années 1950 et 1960, dans les collectifs de squatters d’Amérique latine, aidant les gens qui construisaient leurs propres maisons. Il se rendit ensuite aux États-Unis et découvrit que les idées qu’il avait élaborées dans le monde des pauvres étaient valables pour la nation la plus riche du monde. Et quand il retourna enfin en Grande Bretagne, il s’aperçut que la situation du logement dans son propre pays correspondait, elle aussi, à sa formulation . L’intuition essentielle de Turner est la suivante :
      "Quand les habitants contrôlent les décisions majeures et sont libres d’établir leur propre contribution à la conception, à la construction ou à la gestion de leur logement, tant le processus que l’environnement qui en résultent stimulent le bien-être individuel et social. Inversement, quand les gens n’ont aucun contrôle ni responsabilité dans les décisions clé du processus d’habitation, le cadre du logement peut, au contraire, devenir un obstacle à la réalisation personnelle et un poids pour l’économie."
Ceci est une déclaration soigneusement formulée qui ne dit ni plus ni moins que ce qu’elle signifie. Remarquons que Turner se réfère à "la conception, la construction ou la gestion". Il n’implique pas que nous devions tous devenir des bricoleurs, même si, bien sûr, en pratique, c’est souvent ce que les gens doivent être. Il érige en principe que les habitants devraient être au poste de commande.
J’aimerais particulièrement mettre en évidence sa dernière phrase, à propos de l’environnement des habitations devenu "un obstacle à la réalisation personnelle et un poids pour l’économie." N’est-ce pas l’expérience des immenses et coûteux projets d’habitat entrepris par les gouvernements centraux et locaux, tant aux Etats-Unis que dans toute l’Europe occidentale ? La seule solution aux problèmes posés par de tels grands ensembles consiste à développer des systèmes de contrôle des résidents grâce aux diverses formes de coopératives de logement.
Parfois, dans ces grands ensembles aux franges des cités européennes et américaines, héritières d’un socialisme bureaucratique et gestionnaire, le contrôle par les locataires est adopté en dernier ressort face à l’abandon et au délabrement. Il se trouve à Bruxelles un architecte très réputé, Lucien Kroll, de l’Atelier d’Urbanisme et d’Architecture. On fait souvent appel à ses conseils en France, en Allemagne et en Hollande, quand on cherche à réhabiliter de grands ensembles, négligés par les municipalités. Les résultats sont souvent décrits comme l’expression d’une architecture anarchiste. Lucien Kroll, quant à lui, insiste pour parler d’architecture contrôlée par les résidents. Il m’a dit que la première tâche, et non la dernière, consiste à présenter aux habitants un budget propre, afin qu’ils décident eux-mêmes des dépenses prioritaires. Veulent-ils investir l’argent pour améliorer d’abord l’isolation des murs, ou préfèrent-ils rendre le bâtiment si visible au public qu’il dissuade les trafiquants de drogue de s’y infiltrer? Une des priorités générales est de réduire l’échelle des bâtiments en supprimant quelques étages du haut et à construire davantage au niveau du sol dans les espaces entre les immeubles. Une autre consiste à "modérer le trafic". Est-il raisonnable d’utiliser les gravats de béton, qui proviennent de la réduction de hauteur des bâtiments, pour construire un petit tertre, planté de buissons et d’arbres, sur un rond-point, afin qu’il crée un risque incontournable pour les véhicules et détourne ainsi le trafic ? Et pourquoi ne pas creuser le jardin municipal pour y faire des aires de jeux et des jardins potagers ? Pourqui ne pas construire un tas d’ateliers et de cafés comme des extensions en appentis à la base des tours ? Le résultat ne sera peut-être pas une architecture anarchiste, mais ce sera certainement une architecture post-autoritaire.
Si la Grande-Bretagne est considérée comme le pays d’origine du mouvement coopératif, les coopératives de logement sont beaucoup plus récentes que dans bien d’autres pays. Dans les années 1970, il n’y en avait que deux ou trois. Aujourd’hui, il en existe près d’un millier. C’est un nombre ridiculement faible, qui montre combien nous sommes loin de dissocier contrôle et propriété, car en Grande-Bretagne le mode préféré de résidence est celui de l’occupation par le propriétaire (66%).
Néanmoins, la composition de ce mouvement est intéressante. Certaines coopératives ont débuté en légitimant l’occupation d’immeubles vacants par des squatters. D’autres ont pris naissance avec "la résidence à court terme" dans des constructions promues à la démolition. Lorsque les habitants avaient le contrôle sur ces bâtiments, la courte vie que l’on pronostiquait est devenue très longue, tout simplement parce que les occupants avaient de bonnes raisons pour les améliorer. D’autres habitations encore, à Liverpool et à Londres, sont des constructions nouvelles, où l’architecte a travaillé sous les directives de gens pauvres qui, pour la première fois de leur vie, ont pu obtenir le service d’un expert.
Mais les plus intéressantes se trouvent là où les habitants ont construit leurs propres habitations. Tout au long de l’histoire, partout dans le monde, les pauvres gens ont bâti leur maison, qui s’est améliorée et agrandie tout au long des décennies et des siècles, à mesure que les familles changeaient leur labeur en capital. Les fermes paysannes traditionnelles que l’on trouve dans toute l’Europe ou presque en sont la preuve. Au vingtième siècle, cette façon de construire simple et naturelle est devenue de plus en plus difficile, pour toute une série de raisons.
La première est la question cruciale de l’accès à la terre. En Grande-Bretagne, le processus que l’on appelle "Enclosure" a attribué des titres de propriété à des terres auparavant considérées comme "communales" ou "en friche". La seconde raison réside dans la nature du matériau de construction. Jadis, celui qui bâtissait son logis utilisait spontanément la pierre, l’argile, le bois et la paille en provenance de sa région, de sorte que la maison, comme l’a dit un poète anglais, " s’élevait du sillon comme une alouette ". Les maisons du vingtième siècle, sont construites avec des matériaux qui doivent, qu’ils soient naturels ou synthétiques, être achetés sur le marché. La troisième raison, bien entendu, est que nous avons circonscrit le processus avec une montagne de lois et de règlements que le citoyen ne peut comprendre sans l’aide d’un professionnel.
Un architecte anglais d’origine allemande, Walter Segal (1907-1985), a surmonté ces obstacles. Notons, n passant, qu’il fut élevé dans la communauté anarchiste de Ticino en Suisse . Tard dans la vie, il développa une méthode de construction en cadre de charpente de bois léger, utilisant des éléments de construction standard, dans les tailles usuelles, et il élimina les métiers "humides" de bétonnier, de poseur de briques et de plâtrier. Cela était éminemment adapté au constructeur amateur. Segal aspirait vivement à rendre ces habitations disponibles aux gens en quête de logement. Une municipalité londonienne décida de lui en offrir l’occasion, sur des lots de terre trop petits ou trop en pente pour être utilisés par le conseil municipal.
Il en résulta la plus grande satisfaction pour les résidents. Des membres du groupe décrivirent l’expérience comme un événement qui avait changé leur existence et ils sentaient qu’ils avaient, eux, le contrôle. Et ce fut le plus grand bonheur de la vie de cet ancien architecte. Segal se souvint :
      "L’aide était assurée mutuellement et volontairement, sans contraintes, ce qui signifiait que la bonne volonté des gens pouvait se donner libre cours. Moins vous essayiez de les contrôler, plus vous libériez l’élément de bonne volonté... c’était étonnamment clair. Les enfants étaient, bien entendu, supposés jouer sur le site, et ils étaient autorisés à le faire. Et les plus âgés d’entre eux pouvaient aussi aider s’ils le désiraient. Ainsi fut évitée toute forme de friction. Chaque famille avait à construire à sa propre vitesse et selon ses propres capacités. Il y avait pas mal de jeunes gens, mais aussi certains qui avaient soixante ans et plus, et ils réussirent aussi à construire leur propre maison... Ils avaient été prévenus que je ne me mêlerais pas de leurs arrangements internes. Je les laissai prendre leurs propres décisions ; il n’y eut donc aucun problème" .
Il nota avec plaisir, plutôt qu’avec irritation, les "innombrables petites variations, innovations et ajouts" que les bâtisseurs autonomes avaient réalisés. Sa conclusion fut : "Il est étonnant qu’il y ait, chez les habitants de ce pays, une telle richesse de talents". Depuis la mort de cet architecte, le Walter Segal Self Build Trust a promu son approche avec succès au sein de séries entières de groupes désavantagés, durant le climat politique maussade des années 1990 . Il faut toujours plus de temps pour surmonter les obstacles posés par la législation sur le financement, les autorisations, la conception et la construction qu’il n’en faut aux bâtisseurs autonomes pour construire et occuper leurs maisons.
J’ai décrit la maison anarchiste d’après les expériences réelles de citoyens ordinaires du monde d’aujourd’hui. Mais en raison de la variété des définitions du mot "anarchisme", je devrais en explorer quelques autres aspects. Certains d’entre nous s’efforcent très sérieusement de rapprocher la théorie anarchiste de la réalité à propos de problèmes courants comme le logement. Parmi les théoriciens bien connus, Kropotkine est particulièrement intéressant. Le chapitre sur "Les Demeures" de son livre La Conquête du pain (paru en français en 1892 et en anglais en 1906), est essentiellement un manuel sur ce qui devrait se passer ans une société révolutionnaire : un partage équitable, selon les besoins, des logements existants.
La plupart d’entre nous ne vivons pas de situation révolutionnaire, mais nous avons toujours le besoin de loger nos familles et de nous débrouiller, quel que soit le type de société où nous avons l’occasion de vivre. Je pense qu’ici un autre classique de l’anarchisme est une meilleure référence. Il s’agit, bien sûr, de Pierre-Joseph Proudhon qui, dans un livre célèbre mais illisible, Qu’est-ce que la propriété ? (1840) inventa le slogan "la propriété c’est le vol".
Je suis comme tout le monde. Je me suis réjoui ce jour de septembre 1969 quand des squatters de l’ancienne résidence royale au 144 Picadilly, à Londres, suspendirent une bannière sur laquelle était inscrit en lettres d’un mètre de haut le slogan de Proudhon. Mais l’une des ironies, relevée par les critiques de Proudhon, est qu’il est aussi à l’origine de la formule "La propriété, c’est la liberté".
Il ne devrait pas être nécessaire d’expliquer que le premier slogan vise le propriétaire foncier absentéiste, que Woodcock définissait comme
      "un homme qui se sert de la propriété pour exploiter le travail des autres sans aucun effort de sa part, propriété caractérisée par l’intérêt et la rente, par les impositions du non-producteur sur celui qui produit."
L’autre type de propriété, explique-t-il, est celui du propriétaire-résident ou du paysan cultivateur ; et la "possession", ou droit de contrôle de l’habitat, de la terre et des outils nécessaires à la vie, est vue par Proudhon comme "la pierre de touche de la liberté", tandis que "sa principale critique à l’égard des communistes était qu’ils souhaitaient la détruire."
Les soixante-dix ans d’histoire de l’Union soviétique, et la plus courte période des régimes qu’elle imposa en Europe de l’Est, fournissent un terrain favorable à l’examen des opinions de Kropotkine et de Proudhon à la lumière de l’expérience. Il y avait bien un partage du logement selon les besoins. La plupart des observateurs remarquèrent que les besoins de la hiérarchie du parti étaient plus urgents ue ceux des citoyens ordinaires, comme aussi, bien sûr, leur besoin d’une datcha à la campagne. La collectivisation forcée de l’agriculture par Staline fit littéralement disparaître la paysannerie, ce qui provoqua la famine et des millions de morts. Pendant ce temps, dans les cités, la politique de logement se concrétisa dans une version grossière de l’engouement des urbanistes pour les barres et les tours, mode que nous avons aussi connue à l’Ouest.
Sous une forme lente et subversive, les attitudes populaires proudhoniennes commencèrent à se réaffirmer. Comme Proudhon l’aurait prédit, les lopins de terre personnels des paysans, autour de leur maison, sauvèrent l’approvisionnement du Russe moyen bien des années avant la perestroika :
      "En 1963, les lots de terre des particuliers couvraient environ 44.000 kilomètres carrés, soit quatre pour cent de toute la terre arable des fermes collectives. Pourtant, cette terre ‘privée’ produisait environ la moitié des légumes produits en Union soviétique, alors qu’y vivaient 40% des vaches et 30% des cochons du pays."
De même, dans les années 1970, l’économiste Hugh Stretton relatait :
      "Il est pathétique que les citadins russes se rendent à la campagne et la ratissent pour trouver des parcelles de terre délaissées où ils peuvent planter, se rendre, se divertir, qu’ils peuvent s’approprier’, même si c’est de manière précaire."
Leurs dirigeants marxistes, bien sûr, possédaient leurs datchas, tandis que par toute la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie et la Yougoslavie, les citadins construisaient leur vraie vie autour de ce qu’on appelait les "installations sauvages" en dehors de la cité. Ainsi en 1979, un géographe expliquait que "L’existence de terres appartenant aux paysans aux abords des villes offrent des opportunités pour une évolution progressive, en fait pour des installations sauvages qui apparaissent brusquement comme les champignons d’une nuit, par exemple à Nowy Dwór et ailleurs autour de Varsovie ou à Kozarski Bok et Trnje aux alentours de Zagreb. De telles communautés ne sont pas encouragées, mais elles sont tolérées et elles sont même pourvues de services publics et sociaux du fait qu’elles soulagent la pression pour le logement et les budgets des villes." Depuis les temps où l’on supposait encore que les régimes communistes d’Europe de l’Est avaient un avenir, des observations de cet ordre rappellent aux révolutionnaires de toutes sortes l’importance de la distinction réfléchie de Proudhon entre la propriété en tant qu’exploitation et la propriété comme possession.
Le communisme, renforcé par la terreur, a engendré l’inévitable réaction individualiste, et a terni toutes les formes d’aspirations socialistes. Mais il y a toujours eu un plaidoyer libertaire, plus tranquille, plus paisible, concernant la vie en communauté. Avec d’autres idéologues, laïcs et religieux, beaucoup d’anarchistes ont remis en cause la famille nucléaire et l’habitat réduit à une
seule famille, universellement fixé pour assurer l’existence de celle-ci. Avec d’autres critiques, ils ont dépeint la maison individuelle comme une prison pour ses habitants et ont recherché une unité sociale plus large. Ainsi Kropotkine a-t-il déclaré :
      " Aujourd’hui, nous vivons trop isolés. La propriété privée nous a conduit à un individualisme égoïste dans nos relations mutuelles. Nous ne nous connaissons que peu ; nos occasions de contact sont trop rares. Mais nous avons vu dans l’histoire des exemples de vie commune où les gens sont plus intimement liés - la famille composée en Chine, les communes agraires par exemple. Dans ces cas, les individus se connaissent vraiment les uns les autres. Par la force des choses, ils se doivent assistance matérielle et morale.
      La vie de famille, fondée sur la communauté originelle, a disparu. Une nouvelle famille, fondée sur la communauté d’aspirations, prendra sa place. Dans cette famille, les gens seront obligés de se connaître réciproquement pour se soutenir moralement en toute occasion..."
 

Kropotkine, comme Tolstoi, inspira une longue chaîne d’entreprises communales qui visaient à combiner l’existence avec une horticulture intensive, et leur courte durée de vie a été intensément étudiée rétrospectivement. Elles nous donnent peu de lumière sur la nature de la maison anarchiste, du fait que leurs initiateurs étaient pauvres et qu’ils devaient utiliser n’importe quel bâtiment qui se trouvait être disponible. Mais l’une de ses tentatives avortées, en Grande-Bretagne, suscita un commentaire très significatif de la part de Kropotkine. C’était la Libre Colonie, communiste et coopérative, de Cloudsden Hill, établie sur une ferme de huit hectares près de Newcastle-upon-Tyne en 1895. Ses fondateurs lui écrivirent pour lui demander conseil, et il leur donna un avis intéressant. Il conseilla aux sociétaires d’éviter l’isolement par rapport à la communauté environnante, il insista pour que "l’on échappât au style de vie des casernes en faveur d’efforts combinés de familles indépendantes" et il eut des paroles très raisonnables sur la situation des femmes. Il était important, écrivit-il,
      "de faire tout ce qui était possible pour réduire le travail ménager au minimum… Dans la plupart des communautés, ce point est affreusement négligé. Les femmes et les jeunes filles demeurent dans la nouvelle société ce qu’elles l’étaient dans l’ancienne, des esclaves de la communauté. Il est aussi essentiel, pour le succès de la communauté, de prendre des dispositions afin de réduire autant que possible l’incroyable somme de labeur que les femmes passent inutilement à élever les enfants comme à effectuer les tâches ménagères, tout autant que pour les champs, les serres et les machines agricoles. Et même davantage. Mais bien que chaque communauté rêve d’avoir les machines agricoles ou industrielles les plus parfaites, elle prête rarement attention au gaspillage des forces de l’esclave de la maison, la femme."
A mon avis, c’est l’une des affirmations de Kropotkine les moins connues mais des plus significatives de l’approche anarchiste. Et elle est extrêmement pertinente dans tout essai de définition de la maison anarchiste. Considérez les plans de la maison classique : les villas palladiennes, les palazzi italiens, l’hôtel particulier anglais de style géorgien. Contrairement à beaucoup d’architectures modernes, elle était et demeure infiniment adaptable à d’innombrables usages, parce qu’elle ne dépendait pas d’une innombrable quantité de services techniques, tels que l’eau, le gaz, l’électricité, les systèmes de chauffage et de télécommunications, que nous tenons aujourd’hui pour acquis. Ainsi que le remarquait Le Corbusier, "Heureux pour Ledoux : aucun tube". Au contraire, toutes ces commodités étaient assurées par des moyens humains : des esclaves, des serviteurs, des femmes de ménage, des lavandières, des garçons de course. Il nous suffit de regarder Le Mariage de Figaro pour que nous soit rappelée la manière dont les domestiques faisaient partie de l’architecture : ils étaient vraiment le mortier qui la faisait tenir.
Par suite de la réduction du personnel de maison, les concepteurs de bâtiments continuèrent à donner la priorité à ce qu’aujourd’hui nous appelons "les salons de réception" et "la chambre de maître", au nom significatif, mais ils étriquèrent l’aire des services, la cuisine, la salle de bain, la buanderie, en espaces toujours plus exigus.
Le fait est bien mis en évidence par l’expérimentateur américain Stewart Brand. Les lecteurs se souviennent peut être de lui en tant qu’instigateur, dans les années 1960 et 1970, du Whole Earth Catalog [Catalogue de la Terre entière] que beaucoup de pays imitèrent. Cet homme est récemment réapparu en tant qu’auteur d’un livre, How Buildings Learn : What Happens after They’re Built [Ce qu’apprennent les bâtiments : Ce qui arrive après qu’ils sont construits], qui de bien des manières peut être vu comme un manuel de la maison anarchiste. Il y embrasse la philosophie d’une architecture de "longue vie, aux structures souples, et avec de faibles besoins en énergie", exigeant que chaque bâtiment, dès le jour où il apparaît, possède la capacité de s’ajuster sans fin aux besoins de ses utilisateurs. Il y a bien des années, l’architecte anarchiste Giancarlo De Carlo déclarait que les résidents doivent attaquer le bâtiment pour se l’approprier, et l’expression qu’utilise Brand pour définir ce genre d’anarchie est "un chaos salutaire".
Faisant une observation importante sur la manière dont cette attitude change notre manière de voir les maisons, Brand explique :
      "Une manière d’institutionnaliser un chaos salutaire est de vraiment répartir le pouvoir de conception entre les utilisateurs individuels d’un bâtiment durant la période où ils y résident. Notez la différence entre les cuisines conçues pour être utilisées par des domestiques impuissants, aires généralement sombres et encombrées, et les cuisines claires, spacieuses, au centre de la maison et bourrées d’équipements, destinées aux chefs de famille. Un bâtiment ‘apprend’ plus vite que des organisations tout entières. Dans la hiérarchisation humaine d’une construction, cela suggère une démarche "de bas en-haut" plutôt que "de haut en bas"… A quoi ressemblerait et servirait un bâtiment qui serait conçu pour un entretien facile par ses utilisateurs ? Une fois que les gens sont à l’aise pour effectuer leur propre maintenance et les réparations, sa réorganisation vient naturellement parce qu’ils sont en relation avec leur entourage et qu’ils savent comment l’améliorer."
Il y a plusieurs raisons pour prévoir que si, dans les pays riches du vingtième siècle, les maisons anarchistes ont été marginales par rapport à l’économie de l’habitat, elles deviendront plus importantes au vingt et unième siècle. Et j’ai plusieurs raisons pour justifier cette prévision.
La première est le cuisant échec économique de la politique officielle de l’immobilier dans les pays occidentaux. Celle-ci a été construite autour de la notion politique d’un noyau familial. Mais en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en France, la plupart des ménages actuels ne correspondent pas à la norme statistique. Le système ne répond pas à leurs besoins. Des collectifs de familles alternatives vont inévitablement se développer.
La seconde raison est la leçon des pays pauvres et des populations indigentes des pays riches. La population officieuse des cités des régions défavorisées est plus importante que son chiffre officiel. Chaque fois que les pauvres gens peuvent accéder à la terre et aux matériaux, ils construisent des logements gérés par les habitants et ces habitations s’accroissent et s’adaptent selon les besoins et les opportunités.
La troisième cause est l’impact du féminisme sur la conception du domicile. Comme Kropotkine l’avait indiqué, la moitié de la population a toujours été exclue des décisions en matière de logement. Mais comme Doilores Haydeen l’a montré, il a toujours existé une démarche alternative, cachée de l’histoire.
Mon argument final est fondé sur l’impact du mouvement des Verts et des considérations de viabilité écologique. De nos jours, chaque maison familiale particulière demande un immense investissement en services coûteux en énergie et des équipements avec une obsolescence programmée. Une utilisation rationnelle de l’énergie demande une économie d’énergie durable et un partage des équipements.
Le critère technique de la maison anarchiste est "longue vie, aux structures souples, et avec de faibles besoins en énergie", mais l’exigence politique est le principe du contrôle par le résident.

Trad. de l’anglais par R. Creagh
Source : http://melior.univ-montp3.fr/ra_forum/ward_colin/maison_anarchiste


GERMINAL DE LA SIERRA,
VILLE ANARCHISTE
Source 
Traduit de l'espagnol par N. Frappépas.

Nous allons vous montrer par la suite à quoi correspondent les numéros marqués sur le plan

Nous voulons avec cette carte que ton esprit cesse de penser pour un moment au système où nous vivons et entame ainsi avec nous un beau voyage vers cette petite ville anarchiste appelée Germinal de la Sierra. Cette commune libre se forme après avoir triomphé la Révolution Sociale, menée à bien par le peuple contre l'État, avec toute sa logique. Nous voulons dire que l'émancipation populaire n'est pas arrivée au moyen de la violence, bien qu'il y eut des cas où on est arrivé à la confrontation directe avec la bourgeoisie et ses défenseurs (policier, armée, église, etc....), qui n'ont pas voulu restituer les biens et les terres qu'ils ont volés, et qu'ont sués avec sang et larmes un millier de travailleurs ; cette émancipation n'a eu lieu que parce que le peuple est enfin  préparé, conscientisé et instruit pour mener à bien une nouvelle vie dans laquelle règne la plus haute expression de l'ordre naturel des choses: l'Anarchie. Nous nous fonderons sur le fonctionnement de Germinal de la Sierra, composé  de 5.000 habitants et où on a proclamé le Communisme Libertaire.Les principes de cette ville sont la solidarité, l'appui mutuel, l'égalité et le respect.
Dans Germinal de la Sierra l'argent a été aboli. Ses habitants ont tous les mêmes droits et les mêmes devoirs, on travaille selon ses forces et on reçoit selon ses besoins. La propriété privée et tout privilège ont été abolis. Nous sommes tous des êtres humains qui ont le droit de jouir de la vie. Nous voulons souligner que les habitants de cette ville sont anarchistes, c'est-à-dire préparées à aimer leurs tâches quotidiennes et sont conscients que tout est pour le bien commun. Toutes les décisions sur le fonctionnement de la commune sont prises en assemblée et chaque habitant depuis sa branche d'activité.
Après avoir lu ce prologue, parcourons Germinal de la Sierra.
 
 

1 FÉDÉRATION LOCALE
C'est le siège où se réunissent les délégué-e-s des différentes branches pour voir de façon plénière les affaires qui concernent la commune, ou en séance plénière traiter les accords pris dans leurs assemblées respectives de branche. Les délégué-e-s sont choisi-e-s par chaque assemblée et leur mission est d'expliquer et de défendre les accords pris par leurs compagnons. Les délégué-e-s sont seulement une liaison entre la séance plénière et l'assemblée. Ils ne peuvent décider d'aucun changement dans les accords ; pour cela doivent les communiquer à leur branche et celle-ci, si l'accord est très urgent, convoquera rapidement une assemblée extraordinaire pour ne pas entraver le bon fonctionnement de la commune. La Fédération Locale est aussi le siège du Comité Local.
Celui-ci est nommé par toute la commune, sa fonction est administrative, non exécutive. Sa durée est à temporaire, remplaçé ensuite par un nouveau Comité. Le Comité Local se charge de mener à bien les fonctions confiées par les assemblées de branche et d'être en contact avec les Fédérations Locales des autres communes.
NOTE : Les Comités, sont de tout type (de branche, locaux, régionaux, etc....), ils ne peuvent pas décider par eux-mêmes ni prendre des accords. Leur durée est à court terme et peuvent être révoqués  à tout moment. Les Comités sont seulement un instrument administratif qui exerce les fonctions confiées par leur branche ou par la commune. Tous leurs membres, comme les autres habitants, sont consommateurs-producteurs et accomplissent quotidiennement leurs tâches dans la branche à à laquelle ils appartiennent.
2 HÔPITAL ISAAC PUENTE
Dans toutes les communes libres il y a un hôpital pour donner assistance sanitaire au peuple.
L'hôpital de Germinal de la Sierra est proportionné à l'importance démographique de la commune. Tous les habitants ont droit à l'assistance médicale, à n'importe quelle specialité. Les tâches de l'hôpital sont distribuées en sections. Chaque section a son assemblée propre, les sections marquent le fonctionnement de l'hôpital.
Tout est coordonné depuis l'assemblée générale, où chaque section envoie à ses délégué-e-s avec les propositions de leur section ou pour traiter tout problème qui est apparu. Il y a un Comité d'Administration dans l'hôpital nommé par toutes les sections, lequel se charge d'être en contact avec les autres hôpitaux et d'exercer les fonctions que leur confient les sections (voir note point n. 1).
3 THÉÂTRE/CINÉMA ELISÉE RECLUS
Les représentant-e-s du fonctionnement et du maintien du théâtre et du cinéma appartiennent à une section de la Branche de Spectacles (voir point n. 6 Branche de Spectacles).
4 ÉCOLE RATIONALISTE FRANCISCO FERRER Y GUARDIA
La base de la formation de l'être humain est l'éducation. Dans l'École Rationaliste ce qui est principal, en plus d'enseigner à lire, écrire, mathématiques, littérature, etc., est d'apprendre les principes de la commune nommés dans le  prologue. Les élèves préparent des débats sur différents sujets. Ils décident avec les professeurs de la façon dont ils veulent donner les classes. Les Écoles Rationalistes ou Libres sont mixtes.
Un des sujets très important dans l'école est l'éducation sexuelle. Dans l'École Rationaliste il n'y a pas d'examens, ni de prix, ni da punition. On essaie d'en faire sortir des jeunes gens totalement libres, parce qu'il connaissent la liberté absolue comme tu découvres le respect.
NOTE : Pour avoir plus d'information sur le fonctionnement d'une École Rationaliste vous pouvez lire l'oeuvre de Francisco Ferrer y Guardia «l'École Moderne» ou le livre «Paideia École Libre», écrit par Josefa Martín Luengo, appartenant au Paideia collectif.
SIÈGE DE LA BRANCHE CONSTRUCTION, MÉTAL ET BOIS
C'est le siège où les branches mentionnées se réunissent en assemblée et aussi leurs sections respectives.
Nous avons déjà nommé le mot section, mais, qu'est-ce qu'une section de branche ? Les sections sont les différents offices qui composent une branche, par exemple : la Branche du Métal est composée  de la section d'électriciens, la section plombiers et égouts, la section de forgerons, etc..
Ceci est un exemple, puisqu'elles sont au service de leur assemblée de section ou branche, qui décident de la manière de fonctionner, toujours en vue d'un meilleur rendement dans la tâche commune. La même chose se produit avec toutes les autres branches.
NOTE : Ce siège est partagé par ces trois branches. Au siège sont les archives et les différents secrétariats de chaque branche, où les comités exercent leurs fonctions et s'occupent des demandes de chaque section. Le siège, peu à peu, est devenu petit pour loger les trois branches et c'est pour cela on a convoqué une assemblée où, assistaient des délégué-e-s de toutes les sections appartenant à ces trois branches, chaque délégué-e apportant l'accord pris par sa section. À la fin de l'assemblée, l'accord pris par toutes les sections concernées a été le suivant : la construction d'un nouveau local où on transférerait la Branche de la Construction et le Métal, en laissant dans l'ancien siège la Branche du Bois. Cet accord a été communiqué à la Fédération Locale, où le Comité Local à son tour l'a envoyé à toutes les branches qui composent la commune et ceux-ci à leurs sections.  Dans la dernière séance plénière locale a été approuvé cet accord par toutes les branches de la commune, lequel est mis en pratique de nos jours (voir point n 41).
SIÈGE DE LA BRANCHE HÔTELLERIE ET ALIMENTATION, ET DE LA BRANCHE DE SPECTACLES
Ces deux branches se réunissent dans ce siège. La Branche Hôtellerie et Alimentation a la rôle suivante: il se charge du fonctionnement de l'hyper-magasin, de la cuisine de l'hôpital, du bar-restaurant, du magasin de grains, de la cafeteria de la salle de festivités, et de la cafeteria de l'Auditoire. Un groupe appartenant à une section se charge de l'agriculture écologique.
La Branche de Spectacles se charge de préparer et de coordonner les festivités populaires, les concerts, les pièces de théâtre, les projections de cinéma, etc..
Les heures de travail et les tours sont décidées dans leurs assemblées respectives, on fait de la même façon dans les autres branches.
NOTE : Un groupe appartenant aux Branches de Transports Publics et Sanitaires a formé une compagnie de théâtre et interprète différentes oeuvres. Dans l'école atelier on a formé différents groupes de musique, dans la Branche de l'Enseignement il y a quelques poètes, dans la Branche Paysan-ne-s ,il y a des personnes consacrées à la sculpture, peinture, chant, etc..
Tous ces gens sont consommateurs- producteurs et remplissent quotidiennement les tâches de leur branche, en se consacrant à ces penchants pendant son temps libre. Nous devons tenir compte que le capitalisme a disparu, aboli par la Révolution Sociale. Il n'y a déjà pas d'exploiteurs qui oppriment au peuple pour augmenter leur pouvoir et leur capital, en distribuant seulement de la misère entre les familles ouvrières. Tu vis maintenant dans une nouvelle société où il n'y a de maîtres auxquels obéir, personne n'est propriétaire de personne, mais les gens sont organisées entre eux et travaillent dans l'ensemble pour le bien de tous les êtres humains et de la nature qui nous entoure.
Le chômage, la faim, la misère, le racisme et la xénophobie créés par la propriété privée et par les frontières qui divisent les pays, ont été abolis dans cette société. Ici, dans les ateliers, dans les usines, dans les champs travaillent un maximum travailleur-se-s, chacun selon sa branche, en partageant le travail. Les machines, entre les mains des travailleur-se-s, se chargent des tâches les plus dures et plus risquées.  On travaille ainsi un minimum d'heures et en ayant du temps pour le repos, pour penser, pour lire, écrire, développer ses penchants décrits plus haut, enfin pour jouir des plaisirs de la vie en paix.
ATHÉNÉE LIBERTAIRE LOUISE MICHEL
L'Athénée, avec la bibliothèque-librairie et les écoles rationalistes est la principale source de culture. Dans l'Athénée on organise colloques, débats, conférences, etc.. On invite auteurs, philosophes, scientifiques, agriculteurs, constructeurs, écoles rationalistes, etc.., de différents endroits de la Terre appartenant à d'autres communes, lesquels montrent leur façon de fonctionner, en découvrant nouvelles méthodes pour faire avancer et améliorer les moyens d'éducation et de production.
L'Athénée organise des journées culturelles où on invite d'autres communes. Dans ces journées tu peux trouver des expositions et des excursions. L'Athénée est ouvert à toutes les personnes de la commune qui le souhaitent. On s'organise, on a ses assemblées, on a son groupe de travail, etc..
NOTE : L'imagination et le désir d'apprendre sont toujours présents dans Germinal de la Sierra.
8 RIVIÈRE LE SOLEIL
Il naît dans la Montagne d'Esperanto et aboutit la commune de Luz de Mar.
BAR - RESTAURANT
La Branche Hôtellerie et Alimentation en a la charge. Deux sections y exercent leur activité : serveurs et cuisiniers.
10 HYPER-MAGASIN
C'est ici où l'on stocke les produits alimentaires et autres ustensiles variés dont les habitants de la commune ont besoin pour leur vie quotidienne.
Tous les aliments et ustensiles sont bien organisés en rangs pour leur meilleure localisation. Les sections qui ont leur tâche dans l'hyper-magasin appartiennent à la Branche Hôtellerie et Alimentation. Ces sections sont les suivantes : fournisseurs, grossistes, boulangers, caissier-ère-s, et un Comité d'Administration.
Les habitants se fournissent à l'hyper-magasin selon leurs besoins. Au passage de ses caisses il est pris note des aliments et des produits qui sortent au moyen d'ordinateurs. Un rapport est établi pour le Comité d'Administration. Celui-ci se charge se réapprovisonner le magasin.
NOTE : Après avoir lu ce dernier texte, tu auras sans doute pensé avec ton éducation capitaliste: «Il y a pas de flics, et je peux  prendre tout ce que je
veux. Alors, je prends tout.»  Les habitants de de Germinal de la Sierra te repondent : «Et pour quoi faire ?, si tu as besoin d'un kilo de tomates, pourquoi en prendre six ?. Ça va s'abimer a la maison. L'hyper-magasin ouvre tous les jours.»
11 ATELIERS DE MENUISERIE ET DÉRIVÉS
12 ATELIERS de FORGE, GALVANISÉS ET DÉRIVÉS
13 ATELIERS ÉLECTRICITÉ, MÉCANICIEN, PLOMBERIE ET DÉRIVÉS
Fonction des ateliers : C'est là où on effectue les tâches quotidiennes des différentes branches.
Certaines groupes réparent les pièces ou les fabriquent à l'atelier, d'autres, s'activent dans la commune, selon ce qui est décidé par leurs assemblées (par exemple : à la construction de bâtiments, à la réparation d'un pont dans la rivière ou à la réfection de câble téléphonique ou d'éclairage public). Il y a aussi des groupes qui travaillent dehors dans d'autres communes, en aidant à d'autres sections de leur même branche (ceci se produit quand la tâche est très importante et la branche qui doit l'effectuer insuffisante. Alors, des communes les plus proches arrivent des compagnons de la même branche. Voila un bon exemple d'appui mutuel).
Les branches sont toutes connectées entre elles et entièrement coordonnées. Quand elles doivent effectuer une certaine tâche qui incombe à un secteur, à une province ou à une région (par exemple, faire des routes, reboiser des montagnes, faire des ponts, etc..) celles-ci-ci ont leurs séances plénières où chaque délégation porte ses accords et ont le même fonctionnement, comme expliqué dans des points précédents.
14 ÉCOLE ATELIER
Les jeunes, à la fin de l'École Rationaliste, vont à l'École Atelier, où chacun choisit le métier qu'il aime. On peut même en choisir plus d'un. On enseigne ici théorie et pratique. Pour commencer à exercer leur art, on les charge de tâches simples, où peu à peu ils acquièrent de l'expérience. Au fur et à mesure que les jeunes deviennent plus expérimentés, ils sont incorporés aux branches qu'ils ont choisies, où ils terminent totalement l'apprentissage de leur métier.
NOTE : Il y a des métiers qu'on peut pas trouver dans cette commune, ce pourquoi beaucoup de jeunes choisissent d'aller dans d'autres communes où ils peuvent apprendre le métier qu'ils aiment. Certains entre eux restent à vivre là où ils ont été transférés et d'autres, s'ils sont dans une commune proche, font l'aller-retour tous les jours. Ils sont libres de choisir.
15 LOGEMENTS INDÉPENDANTS
Les logements indépendants sont destinées aux habitants plus jeunes ou à ceux qui n'ont pas de compagnon ou de compagne stable, ou n'ont pas formée une famille. Tous les habitants consommateurs-producteurs ont droit à un logement (on inclut ici aussi aux vieux qui, bien qu'ils soient maintenant seulement consommateurs, pendant toute sa vie ont été producteurs). A Germinal de la Sierra, les logements indépendants sont divisés en logements pour deux personnes et en logements pour quatre personnes.
Chaque habitant est libre de choisir où il veut vivre. Les logements de deux habitants sont préparés pour les personnes qui aiment la tranquillité. Les logements pour quatre personnes sont habités, la plupart, par des jeunes. Les logements sont partagés par les deux sexes, ils partagent les tâches : propreté, cuisine, etc..
NOTE : Les jeunes de Germinal de la Sierra, ayant passé les 16 /17 ans, sont libérés de leurs parents, en pouvant partager un logement indépendant. Ainsi le jeune, avec l'éducation reçue et son travail, se forme comme personne responsable, saine et indépendante.
16 LOGEMENTS FAMILIAUX
Dans ces logements, comme son nom l'indique bien, vivent les couples avec leurs enfants. Les citoyens qui habitent dans les logements indépendants, si en formant un couple stable, arrivent à former une famille, déménagent automatiquement vers les logements familiaux.  Les vides qu'ils ont laissés dans ces logements indépendants sont occupés par de nouveaux jeunes qui viennent d'être libérés ou qui viennent d'une autre commune vivre à Germinal. Dans chaque zone urbaine, il y a un Comité d'Administration qui se charge de constater les changements effectués, les logements libres, etc..
NOTE : Dans Germinal de la Sierra les couples sont libres de s'unir comme ils sont libres de se séparer.
17 EXPLOITATION AGRICOLE ÉCOLOGIQUE
Coexistent ici des êtres humains et animaux domestiques. Le traitement que reçoivent les animaux dans ta société est sauvage et irrationnel, on les exploite de la même façon que les êtres humains pour gagner de l'argent et du pouvoir, sans souci de la tristesse, la souffrance, l'agonie et la mort.  A Germinal de la
Sierra les animaux sont traités avec grande affection, la Nature aussi. D'elle on prend seulement le nécessaire pour l'approvisionnement de la commune. A Germinal de la Sierra leurs habitants ont un régime végétarien, se nourrissant de leurs cultures et des fruits que donne la terre, même si on  ajoute quelques aliments que donnent les animaux, comme le lait, les oeufs, le miel, etc., toujours sans exploiter les animaux, ni leur faire de mal.
18 CHAMPS CULTIVÉS
La Branche Paysans se charge des champs. Ils y ont leurs locaux où ils gardent les machines et leurs outils de travail.
De là on approvisionne le magasin à grains, l'hyper-magasin. On exporte aussi les types d'aliments qui ne sont pas cultivés dans d'autres communes.
19 SERRES
Une section de la Branche Paysans et Paysans se charge de son entretien.
20 SIÈGE DE LA BRANCHE PAYSANS ET PAYSANNES
C'est le siège où se réunit cette branche. C'est celui qui comprend le plus de sections de toute la commune. Les bases de leur fonctionnement sont identiques à celles des autres branches. Dans le siège tu pourras trouver les différents secrétariats et le Comité d'Administration.
21 BIBLIOTHEQUE-LIBRAIRIE FEDERICA MONTSENY
De la bibliothèque-librairie se charge un groupe nommé par l'Athénée. Il est chargé de son organisation et de son entretien.
22 DÉPOT
Une section de la Branche de la Construction se charge de son fonctionnement.
On stocke ici les matériels qui manquent pour mener à bien les tâches des différentes branches.
23 MAGASIN de GRAINS. (Voir les N6)
24 GARAGES (CAMIONS ORDURES ET RECYCLAGE) (Voir les N35)
25 CONTAINERS DE RECYCLAGE
26 PROMENADE FRANCISCO ASCASO
27 PARCS (B. DURRUTI, M. BAKOUNINE, P. KROPOTKINE)
28 PLACE DU 1ER MAI
29 FONTAINES
30 AUDITORIUM ENRICO MALATESTA
Est chargée de son maintien une section de la Branche de Spectacles.
31 CIMETIÈRE- CRÉMATOIRE
Dans Germinal de la Sierra on pratique aucune religion. Ses habitants peuvent librement choisir s'ils veulent être enterrés, incinerés ou tout autre système.
32 JARDINS-POTAGERS
Les jardins fonctionnent de la même façon que les champs cultivés, coordonnés par la Branche Paysans et Paysanes.
33 PISCINES PUBLIQUES Et VILLE SPORTIVE
Ces installations sont au bénéfice de tous les habitants de la commune. À cinq kilomètres de la commune il y a aussi un lac avec une zone verte où beaucoup d'habitants passent leurs heures libres.
34 PÂTURES POUR le BÉTAIL (Branche Paysans et Paysans)
35 SIÈGE TRANSPORTS PUBLICS ET PROPRETÉ PUBLIQUE
C'est le siège où se réunissent en assemblée ces deux branches. La Branche du Transport se charge de coordonner les transferts à d'autres communes, soient personnes, d'aliments ou autres marchandises. Etc. se charge aussi des véhicules pour les excursions, séances plénières, congrès. La Branche de Propreté se charge la propreté urbaine, de containers d'ordures, recyclage, ville sportive et piscines publiques.
36 GARAGES DES TRANSPORTS PUBLICS
Dans les garages sont garés les véhicules de cinq à quatre-vingt passagers, ainsi que ceux de l'hôpital.
NOTE: En ce moment on construit une voie ferrée qui passera par Germinal de la Sierra.
37 SALLE DES FÊTES
C'est l'un des nombreux emplacements où se réunissent les habitants de la commune leurs heures de loisir pour écouter de la musique ou pour danser.
38 DÉLÉGATION ANTI-INCENDIES
Cette branche se charge de coordonner l'extinction d'un feu ainsi que les actions de sauvetage dans toute catastrophe naturelle. Ils donnent aussi des stages où les habitants apprennent à faire face à ces dangers et en cas d'urgence se soutenir les uns les autres pour aider à lutter contre ces fléaux.
39 ATELIERS VÊTEMENT ET CHAUSSURES
Son siège se trouve dans le plus haut étage des ateliers. Dans l'Avenue Teresa Claramunt, qui fait l'angle entre les ateliers vêtement et chaussures et l'hyper-magasin, on trouve divers locaux où les habitants sont approvisionnés des différents types chaussures et vêtements.
40 SALON DE COIFFURE
Comme dans les ateliers vêtement et chaussures, le siège trouve aussi sa place dans le même local, qui est assez vaste.
Par ce local passent les habitants chaque fois qu'ils veuillent une coupe cheveux, coiffure, rasage et autres prestations capillaires. De la même façon que dans les autres branches, les coiffeurs et les coiffeuses marquent leurs tours et leurs heures de travail.
41 BÂTIMENTS EN CONSTRUCTION
Logements et bâtiments de services.
42 STATION-SERVICE
L'entretien et le fonctionnement de la pompe à essence sont du ressort d'une section de la Branche de Transports Publics.
NOTE : Les énergies et les combustibles ne nuisent pas notre santé ni à notre environnement.
43 USINE DE RECYCLAGE
L'usine n'est pas marquée sur le plan parce qu'elle est aux alentours de la ville, et est coordonnée par toutes les communes de cette region.

Extrait de COLONNE KROPOTKINE 
Traduction approximative par N. Frappépas.

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